
Cascade de la Saume, Vallon du Bachelard - Ubaye, France
10/02/2025 02:00 - Effondrement - Spontané
Récit de Sébastien Remillieux qui était accompagné de Julien Savy. Arrivés un peu après 10h, la cascade est déjà au soleil à son sommet et le free-standing ne touche pas. Ca coule pas mal (intérieur des cascades), il fait moins froid que prévu (pas de thermomètre, l’iso zéro était annoncé à 1950m sur Météociel GFS, avec un ciel partiellement couvert selon Meteoblue). A l’arrivée on se pose la question de si on grimpe ou pas, par rapport à la pièce menaçante au soleil et la longueur à grimper déjà au soleil également dont on sait que le haut purge parfois des petits blocs de glace depuis une zone de résurgences. En regardant le morceau de free-standing de derrière (je ne veux pas dire stalactite, car on l’emploie généralement pour des structures pleines, pointues en bas, alors que là c’est une structure creuse avec l’eau qui coule au milieu, « free-hanging » ?), on le voit légèrement décalé par rapport au cône, du côté opposé à celui où on pense assurer, ce qui nous rassure dans l’idée de grimper. On fait 1 première longueur dans le rideau de droite, le haut de la cascade n’est pas menaçant, le ciel se couvre, on continue avec 3 longueurs différentes dans le bord gauche du rideau de droite (Julien en tête, je les fait en moul’). Sympa à grimper. Glace plutôt sorbet qui coule un peu en surface par endroits mais pas énormément (ce rideau est aussi une structure creuse, l’eau coule à l’intérieur entre 2 pans de glace). On est déjà contents de la journée, cela coule à peine plus sur la cascade. C’est une des rares journées de cascade où j’ai assuré en doudoune et sans gants… Quand on commence à ranger nos affaires autour de 14h, la grande structure suspendue tombe et se désagrège sur le socle immense. On a juste le temps de faire 2 pas sur le côté. Les blocs tombent au même endroit qu’une précédente chute dont nous avions observé le dépôt en arrivant et dont on s'était un minimum écartés (le même phénomène avait donc du avoir lieu au précédent redoux). Je sens le souffle d’air sur le visage. Rien ne touche nos affaires. Impressionnant quand même… On se fait la réflexion que le morceau de free standing est tombé en se désagrégeant au contact du cône un peu en mode « glace pilée / verre trempé », les morceaux au sol dépassent rarement le mètre et la zone balayée par l’effondrement est relativement peu large au sol. Une vraie stalactite dont la structure aurait était pleine et donc potentiellement plus solide, aurait sans doute était moins apte à faire des petits morceaux en éclatant. De même si la rupture avait eu lieu à cause d’un refroidissement brutal, les morceaux de glace ne se seraient peut-être pas désagrégés en aussi petits morceaux si facilement et aurait peut-être plus facilement rebondi plus loin ? Tant mieux pour nous ici, la quantité de glace et la manière dont elle est tombée ne nous aura fait qu’une expérience à raconter… Une petite coulée de surface de neige lourde à lieux également pendant qu’on se prépare à partir, partant de rochers. Retour à ski, neige (poudreuse au départ) très matée qui colle, surtout en bas. Des escargots dans les pentes un peu plus raide (30° environ). A priori ce même jour à Vautreuil (environ 2000m d’altitude, plus à l’Ouest) ils avaient « 7° » au pied des cascades et des purges de neige lourde ont eu lieu dans la petite cascade et dans la grande, par-dessus une cordée de grimpeurs.